Wozzeck - Opéra Bastille - **
Par Oli @42Faubourg, mardi 1 avril 2008 à 23:15 :: Opéra et Théâtre :: #38 :: rss
J'avoue, ça fait 9 ans que Woyzeck, de Büchner, traîne dans ma bibliothèque, mais je suis pas toujours motivé pour lire une pièce d'opéra, même un opéra moderne. Au moins, je peux flemmarder en me disant que j'ai vu la version opéra, Wozzeck, par Berg.
Wozzeck, c'est un opéra expressionniste, avec beaucoup d'incommunicabilité (pauvre Wozzeck!), autour de l'amour, de celle qui est parti après avoir enfanté hors mariage, et qui fréquente maintenant le Tambour-Major sous les yeux de Wozzeck. Et c'est le capitaine et le médecin qui sont eux pas avare de communication à l'égard de ce Wozzeck. Tout le monde a des trucs à dire, tout le monde a des choses sérieuses à faire, constat un peu désabusé et fin de siècle sur une société qui te bouffe et dont le meurtre permettra la libération. Voire un discours anti-bourgeois, sur l'emprise excessive et la vissicitude de ces gens sur le pauvre travailleur. La mise en opéra par Berg rend ça encore plus expressif, avec des chants parfois plus proches du discours que de la musique, des errements vocaux, et parfois du grand n'importe quoi (un peu comme la vie du personnage principal).
Mais bon faut aimer. Mon complice opératique s'est emmerdé sec. Une bonne dose de sensibilisation à tout ce que l'Allemagne a pu produire sur le plan littéraire au XIXe siècle m'a permis d'aborder ça de façon un peu plus académique, ce qui a dû me sauver de l'ennui. Si vous cherchez du lyrique italien et des arias barytoniques, vous vous êtes plantés lors de l'achat des places. Il vous restera au moins l'occasion de réfléchir à la mise en scène en un lieu unique, par Christoph Marthaler (une sorte de taverne - le lieu, pas Marthaler!), et son sens, si c'est pour signifier la concentration des pousse-au-crime en un seul lieu, un moyen d'accroître la tension scénique. Bref, divaguez, l'action est assez hétéroclite pour que vous puissiez vous raccrocher à l'opéra quelques minutes plus tard sans avoir perdu grand chose.
A Bastille, jusqu'au 19 avril

Commentaires
1. Le mardi 1 avril 2008 à 23:19, par bip
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