La saison 2008 du Grand Palais nous propose Marie-Antoinette et La Figuration Narrative au printemps, Emil Nolte et Picasso Et Les Grands Maîtres à l'automne. Et commence donc par celle que j'attendais le plus, tant mieux.

Marie-Antoinette, non, n'a pas peint grand chose (une de ses sœurs était bien plus douée pour ça. Niiiij, c'était laquelle? Marie-Amélie?). Mais alors quelle histoire! quel destin! Avoir été élevée par Marianne Faithfull complètement mortifiée par le décès de son mari François Ier de Lorraine (c'est depuis qu'elle a cette voix si suave, Marianne, je crois). Puis mariée pour arranger les affaires royales européennes au jeune coincé Louis Auguste de France. C'est déjà pas commun.
Pas appliquée pour deux sous (super distraite, elle a vraiment fait une tache d'encre sur l'acte de mariage, on peut le vérifier lors de cette expo), elle faisait un peu sa princesse, à vouloir faire que ce qu'elle aimait. Mais c'était quand même une super affaire pour le futur Louis XVI: elle a su se donner, à travers ses lubies, un style, un goût, et franchement, je comprends que Madame Déficit ait lâché tant de louis pour certaines pièces de mobilier. Bon d'accord, le style champêtre, c'était passé de mode, déjà à l'époque, mais certaines commodes ou chaises étaient quand même très réussies. Sans même parler de la vaisselle: elle savait dans quoi manger, la petite.
Marie-Antoinette, c'était une gosse de riche qui faisait ça bien, être gosse de riche, et on peut dire qu'à travers tant de constance dans le goût et le luxe, elle avait bien la tête sur les épaules.

L'expo suit la chronologie de la vie de la Reine, de sa naissance et son éducation à Schönnbrunn, jusqu'à la guillotine. Dernière pièce saisissante de l'expo, une esquisse au crayon de la condamnée, assise sur une chaise, dessin réalisé quelques heures avant son exécution. Le parcours consacre d'ailleurs une large partie à la chute de la Reine, de l'arrestation à Varennes (légende urbaine, la famille royale n'avait pas été reconnue parce que le portrait du roi figurait sur toutes les pièces de monnaies de l'époque, mais parce que le carrosse était un peu trop richement paré). Et au final, on sort de là en ayant appris au moins autant de choses qu'avec un super combo Film de Sofia Coppola + Billet d'anthologie de Nij. D'ailleurs, je recommande le Triple Super Bargain Menu, avec Film + Billet de Nij + Nij vous accompagnant à la visite de l'expo.

Bon, il me reste encore à trouver le moyen de me faire offrir le catalogue de l'expo je crois, et j'aurai fait la totale.

Une expo à voir, clairement, au Grand Palais jusqu'au 30 juin.