Richard Serra à la Monumenta 2008 - Grand Palais - *
Par Oli @42Faubourg, dimanche 25 mai 2008 à 15:59 :: Expos et culturing :: #55 :: rss
Dans l'immense verrière du Grand Palais, quand même un chef d'œuvre de l'architecture Beaux-Arts, avec une nef qui force le respect, Richard Serra a planté 5 plaques d'acier légèrement ondulées, chacune faisant en gros 10 m de hauteur. Euh, en 2008, y'a que moi qui trouve que ça n'a rien de monumental? Alors je cite 3 passages du papier qu'on nous remet à l'entrée de l'expo:
Le caractère à la fois méditatif et impressionnant de l'œuvre suscite une rencontre forte avec le visiteur dont les sensations et émotions constituent, pour l'artiste, le véritable sujet de l'œuvre. L'artiste bouleverse le rapport du visiteur à l'espace et propose une expérience unique qui défie notre perception de l'équilibre et de la gravité.
Mais bien sûr... Des plaques d'acier de 10 m sous une nef de 45 m, 5 plaques réparties sur 240 mètres, il espère structurer quel espace au juste? Ça structure pas plus l'espace qu'une sculpture en bordure d'autoroute structure le péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines. Le visiteur est souvent parisien, il est habitué aux structurations d'espaces d'une ville qui a vu la flamboyance du style Beaux-Arts, et on lui donne 10 m d'acier... A Wisteria Lane, ça structurera sans doute assez pour bouleverser le rapport de Bree Van De Kamp à l'espace, et donner des émotions fortes à Gabrielle Solis, mais sous la nef du Grand Palais, c'est ridicule.
Les sculptures de Richard Serra atteignent souvent des dimensions impressionnantes et sont littéralement "vécues" par le visiteur qui y pénètre en y circule en modifiant de manière vertigineuse son rapport à l'espace.
Mais bien sûr... je vous raconte pas comme on y modifie de manière vertigineuse notre rapport à l'espace. On pourrait jouer à colin-maillard dans cette nef sans tomber une seule fois sur ces sculptures.
L'artiste opère une réflexion plastique qui pousse à son paroxysme la force physique et matérielle de l'œuvre.
Voilà . Si quelqu'un a compris en quoi la force physique et matérielle de l'œuvre est poussée à son paroxysme grâce à de l'acier, qu'il m'explique en quoi le moindre gratte-ciel de La Défense est moins paroxystique.
Bref, pour une expo qui s'appelle Monumenta, c'est grotesque, c'est bâclé, c'est pondu en 3 semaines par un artiste qui voulait sans doute remonter sa cote dans un marché de l'art complètement perpendiculaire à la réalité esthétique, et qui a le malheur de s'être trouvé dans un bâtiment qui pour le coup exprime très bien une dimension paroxystique de la Belle Époque. C'est une œuvre minimaliste, OK, mais pas paroxystique (ce qui est un peu incompatible...).
L'entrée est à 4 euros. Pour 1 euro de plus, vous avez des places à 5 euros pour Iphigénie en Tauride au Palais Garnier.
Commentaires
1. Le dimanche 25 mai 2008 à 18:07, par frederique
2. Le lundi 26 mai 2008 à 14:28, par MarcelD
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