Quand le Roi Philippe d'Espagne pique sa promise à son fils, l'Infant Don Carlos, évidemment, ça finit mal. Et quand un personnage s'appelle Rodrigue (le confident de l'Infant et intime du Roi), ya forcément un dilemme quelque part. Mais ça fait de bons opéras lyriques, même en 1884.

Pour mon dernier opéra de l'année et le dernier avant longtemps (je n'ai pas pris d'abonnement pour l'an prochain), je me suis fait plaisir. Du bon lyrique italien, avec ce qu'il faut de créativité dans la musique: une touche de viennoiserie (André Rieu Strauss n'était pas très loin), des passages qui faisaient très Europe centrale (comme du Roumain de RER du Brahms), et un final moins grandiloquent que d'habitude chez Verdi.

Beaucoup aimé aussi les airs des chanteurs, surtout le baryton qui jouait Rodrigue (et à l'applaudimètre j'étais pas le seul) - moins des chanteuses, que je trouve comme souvent un peu faiblardes, mais je dois être moins sensible. Le chef d'orchestre devrait prendre un peu de Xanax, il avait une sacrée bougeotte, c'était presque distrayant :-)

Dernier point, la mise en scène, avec des tons beige/noir/gris, très élégant, la touche de modernité qui va bien avec les costumes d'époques, c'était une de mes mises en scène préférées de l'année avec Le Barbier de Séville et Tosca.

Tout m'a bien plu en fait. Rien d'absolument remarquable, mais que de l'agréable. Très bonne façon de conclure une saison d'une douzaine d'opéras vus. L'année prochaine, je ferai sans doute des incursions opératiques avec les Prosélytes Lyriques, dont une partie de la bande était là ce soir (dont Kozlika, Gilda, Joël, Snooze & Chondre ou Chondre & Snooze).