Junon Vuillard a un cancer. Une greffe de moelle osseuse a une petite chance de la sauver, mais pourrait aussi la tuer. Ses 4 enfants et ses 3 petits enfants pourraient être compatibles. Mais c'est une famille avec ses histoires, et Junon va déjà essayer de les réunir pour Noël, malgré les rancœurs et les névroses. Réunir une famille qui n'est famille que dans les apparences, et on souhaite bien du courage à ces apparences pendant les fêtes de Noël...

Après le très très très beau Rois & Reine, Arnaud Desplechin nous ressort la famille Vuillard, Mathieu Amalric et Emmanuelle Devos, et prend le temps de nous raconter son histoire avec son rythme si caractéristique, lent et théâtral. Et se lâche dans le soin du détail. A quoi servent les scènes des 10 Commandements, quel est le sens caché du prénom de la mère, Junon? Et pourquoi le mari de Junon, Abel, traduit Nietzsche à la volée? Des tas de petits trucs où on se dit qu'en sortant de la Fémis, on capterait bien plus de clins d'œil de l'artiste. C'est presque frustrant. Alors on assiste un peu impuissant, de même qu'on assiste impuissant à Melvil Poupaud en train de faire l'amour à Chiara Mastroianni... Y'a pas mal de frustration dans ce film, il est plus dur à supporter, pour moi, que Rois & Reine.

Et sinon, si je voulais voir ce film rien que pour le cinéaste et sa distribution, j'étais aussi un peu émoustillé après la mini-polémique dans les colonnes du Monde, sur le fait que ce film était trop lisse, trop "France blanche catholique". Pfff... c'est vraiment de la polémique de sociologue, l'histoire de ce film est assez banale pour qu'on n'ait pas besoin d'y mettre un quota de pédés ou de blacks. C'est un joli film sur le sens de la famille, avec des vérités élémentaires et populaires mises à mal par la réalité (genre "je l'aime, c'est mon frère"). J'ai bien aimé.

affiche du film