42, Faubourg

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 31 juillet 2008

Hokusai, l'Affolé de son Art - Musée Guimet - ****

L'affiche est présente dans toutes les stations de métro. Le titre complet est trompeur: "Hokusai, l'Affolé de son Art, d'Edmond de Goncourt à Norbert Lagane" fait croire que c'est une expo sur la perception par les Européens de la fin du XIXe siècle d'un des plus grands artistes japonais. Mais non, c'est bien une expo sur Hokusai lui-même. Et ça dure que 2 mois. Et c'est présenté au musée Guimet, musée avec l'imbattable capacité d'ordonner ses œuvres de sorte que le public ne défile que trrrrrès lentement devant. Tout ça mélangé, ça fait 1 heure d'attente avant de pouvoir voir l'expo.

Mais une expo complète sur Hokusai, ça vaut le coup.

Après la phénoménale expo "Images du Monde Flottant" il y a quelques années au Grand Palais, et la rétrospective Hiroshige à la Maison de la Culture du Japon juste après, on a droit au troisième volet du tryptique qui permet de dire "j'ai vu des estampes japonaises, et pas que chez un garçon qui m'en a montrées chez lui".

Hokusai, c'est le touche à tout des grands artistes passés à la postérité à l'étranger. Il a fait du ukiyo-e (les images du monde flottant, portraits d'acteurs ou de femmes de plaisir), des images érotiques, du classique et conventionnel façon branche de prunier en fleur et son rossignol, et du lyrique avec un style très personnel. Un style où ce n'est pas une scène qui est reproduite, comme dans tout un tas de peintures japonaises et chinoises, mais un paysage comportant une scène. La scène, l'histoire décrite, est sublimée par le paysage, c'est la vue du paysage qui encadre la scène. Et permet de relativiser le détail physique de la scène, pour laisser la priorité au lyrisme. En particulier, ça donne des "natures mortes", des extraits de vie quotidienne en fait. Et puis surtout, l'attachement au paysage pour servir de support à la scène a conduit Hokusai à introduire un truc pas très connu des artistes japonais de l'époque: la perspective et le point de fuite. J'ai pas trouvé d'images sur Google pour illustrer ça, mais on voit chez Hokusai des peintures qui, à la géographie près, font très Sisley et Cie: des paysages aux chemins serpentant entre les arbres au bord de l'eau, et 2-3 promeneurs. Je vous assure, c'est pas banal comme estampe, et donne un résultat très joli.

Evidemment, les 100 vues du Mont Fuji attirent le regard. Le public de retraités était fasciné devant les séries de grandes fleurs et de petites fleurs, mais personne pour me déranger pour voir ces toutes premières estampes à point de fuite. J'ai pas les mêmes goûts que les retraités, on dirait... C'est donc l'astuce du jour offerte par 42, Faubourg, affrontez la file d'attente à l'entrée, et puis évitez les foules amassées devant les mêmes classiques, pour voir ce qu'elles délaissent. Le plus beau. Le plus original, le moins "tiens, voilà de l'estampe". C'est ça qui est beau, dans cette expo.

Mais c'est jusqu'au 4 août, faites vite!

Depuis l’âge de six ans, j’avais la manie de dessiner les formes des objets. Vers l’âge de cinquante, j’ai publié une infinité de dessins ; mais je suis mécontent de tout ce que j’ai produit avant l’âge de soixante-dix ans. C’est à l’âge de soixante-treize ans que j’ai compris à peu près la forme et la nature vraie des oiseaux, des poissons, des plantes, etc. Par conséquent, à l’âge de quatre-vingts ans, j’aurai fait beaucoup de progrès, j’arriverai au fond des choses ; à cent, je serai décidément parvenu à un état supérieur, indéfinissable, et à l’âge de cent dix, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. Je demande à ceux qui vivront autant que moi de voir si je tiens parole.

son estampe la plus connue

jeudi 10 juillet 2008

La Figuration Narrative - Grand Palais - ****

La Figuration Narrative, c'est le genre de mouvement qui a un peu péché par son appellation obscure de 2 concepts juxtaposés, et même pas percutants avec ça, à la différence de "Pop Art", "ready-made" ou de "Blaue Reiter". Ça méritait pourtant mieux.

Le Grand Palais propose jusqu'à dimanche prochain (faites vite!) une rétrospective d'ensemble de ce mouvement, qui mérite le voyage pour 2 raisons. Déjà, c'est le dernier grand mouvement artistique qui ait eu lieu à Paris et qui avait une démarche politique. 1960-1972 pour les dates, on est en pleine affirmation du mouvement contestataire, quand les idéaux politiques de nos jours se limitent à des "contributions" du PS et des partis anti-tout plus à gauche. C'était du sérieux, l'artiste dans son temps. A l'époque, on se fiche de faire des plaques d'acier de 15 m de haut qu'on vend pour des sommes déraisonnables à des institutions ou des ministères en quête de m'as-tu-vu-j'ai-fait-le-plus-gros-chèque. L'art restait avant tout un engagement, une œuvre créatrice plutôt qu'une œuvre mise en vente, à la différence d'aujourd'hui. Ça fait du bien de se rappeler que par le détournement d'affiches ou les peintures très classiques, on peut attirer le regard pour le contenu de l'œuvre plutôt que pour la signature apposée sur l'étiquette. Même si ça aide pas à marquer la postérité (avant cette expo, Voss, Arroyo ou Télémaque, pour moi, étaient des personnages de pièces de théâtre, des politiques ou des héros mythiques). Et puis le message politique, dans l'art, on aime (pop art) ou on aime pas (art naïf), mais moi j'aime, j'apprécie l'art relié à une époque et à un contexte historique,

Ensuite, et c'est le cœur de l'expression "figuration narrative", c'est un mouvement figuratif. Quand l'abstraction est consacrée comme révélation du XXe siècle, ce mouvement va devoir se montrer très inventif par d'autres procédés: le rythme, la narration au sein du tableau, le collage et le détournement, le cinéma et la photo. C'est un vrai foisonnement. Et ça permet de donner une vraie épaisseur à une œuvre, par ses lectures possibles. Le narratif se lit de différentes façons, on est en face d'un vrai mouvement d'ensemble et pas d'une imposture trop éclectique mal justifiée façon "L'art libre et sans concession de Los Angeles dans les années 90". Mais comme c'est un mouvement parisien, alors que New York est déjà la capitale culturelle du monde, c'est un mouvement avec une faible visibilité, et comme dit plus haut, qui n'a pas trop su se faire connaître à la postérité. C'est dommage, mais ça n'excuse plus le public qui raterait cette expo très bien foutue (comme toutes celles du Grand Palais).

Des tas d'œuvres plein les mirettes, une cohérence qui convainc, et une certaine dose d'enthousiasme à la fin de l'expo, en fait. Le catalogue vaut 49 euros et la Saint Oli, c'est samedi. Si vous savez pas quoi m'offrir :-D

affiche de l'expo

jeudi 3 juillet 2008

Mise à jour de la tout-doux liste

  • Oum Kalsoum à l'IMA (teneur garantie en pédés...)
  • Collection Barbier-Müller à Jacquemart-André (ze ultimate collection privée d'arts premiers!)
  • Annie Leibovitz à la Maison Européenne de la Photographie (la foire aux vanités)
  • Hokusai à Guimet (enfin, les Européens et Hokusai)
  • Polynésie, au Quai Branly
  • China Gold à Maillol (l'art contemporain chinois)

Toujours pareil, si y'a des volontaires pour voir une des expos listées avec moi, blog xbluechip point net :-)

dimanche 29 juin 2008

Paris sous l'Occupation - Photographies en couleurs d'André Zucca - BHVP - ***

Avant-dernier jour de l'expo à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris sur les clichés couleur d'André Zucca. Une petite expo assez simple, à seulement 4 euros, dans ce bâtiment à 2 pas du Loir dans la Théière, donc qu'on a tous vu une fois ou l'autre quand on a ses habitudes dans le Marais historique. Mais une expo pour laquelle on peut remercier Christian Christophe Girard, l'adjoint à la culture de Paris, qui a su par sa polémique à 4 euros attirer l'attention du public :-)

Alors peut-être que pour certains, la prise de recul est quelque chose qui doit être fourni par le musée, que c'est quelque chose de trop dur à avoir par soi-même. Mais pour tous les autres, c'est une expo qui donne au contraire des infos supplémentaires sur l'art de la propagande dans le Paris de l'Occupation. Le témoignage de Zucca, c'est un Paris occupé où les gens sont occupés: films, musique dans la rue, saltimbanque, et grandes affiches de politique ou de loisirs. Tout l'art de divertir les gens pour leur faire croire que finalement, l'occupant nazi n'est pas si méchant que ça et que c'est pas sûr que la Résistance, les Russes ou les Anglo-saxons pourraient nous apporter mieux. Et c'est un pan de Paris qui complète celui que nous connaissons des livres d'histoire: rafles, contrôles incessants, manque de nourriture et de biens.

Le témoignage visuel de ces habitants dans des activités normales montre donc très bien la réussite de la Propagandastaffel. Les Parisiens avaient peu à manger, mais les Élégantes s'amusaient bien, aux Tuileries ou au Luco. On avait tout ce qu'il fallait pour se changer les idées. Et on y allait, et on allait voir ces divertissements, et on se laissait être occupé. Les temps n'étaient pas uniformément durs...

Et puis ce Paris romantifié, c'est un Paris romantique, donc un Paris qu'on a aussi plaisir à voir, avec ses affiches d'époque et ses scènes qui chargent facilement le spectateur en nostalgie. Ben oui, au final, on se laisse prendre au jeu de ces photos, on rentre dans la propagande d'une certaine façon. Malgré quelques vues des Halles ou de Belleville qui illustrent la pénurie de nourriture et la mise en place du système D au sein de la population. C'est peut-être ça qui met le plus mal à l'aise en fait, qu'on se rende compte que la propagande n'est pas une arme efficace contre les faibles au loin, à l'étranger, dans le passé, mais quelque chose qui peut très bien fonctionner sur nous. Dingue et choquant, hein? ;-)

A la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, rue Malher, jusqu'à mardi.

samedi 21 juin 2008

Tout-doux list

Pour pas oublier ce que je veux voir

  • Oum Kalsoum à l'IMA
  • Collection Barbier-Müller à Jacquemart-André
  • Les Parisiens sous l'Occupation à la Bibliothèque historique de Paris (avant la fin du mois!)
  • Hokusai à Guimet
  • Zao Wou-Ki à la BNF
  • China Gold à Maillol

Et puis faut que je vous parle de Traces du Sacré, de la figuration narrative, et des soldats de terre cuite de l'empereur Qin. Voilà, si y'a des volontaires pour voir une des expos listées avec moi, blog xbluechip point net :-)

mardi 3 juin 2008

SFMoMA

Je profite d'avoir raté le train pour Hogwarts après être arrivé juste un peu trop tard sur le quai 9 3/4 pour bloguer un peu...

Dimanche, ballade dans le centre ville de SF. Premier constat, le Moscone West Center n'affiche pas encore de grandes affiches mystérieuses ou de long rideaux noirs secrets. La conférence des développeurs Apple est dans 1 semaine, mais toujours rien. Déçu déçu...

Bonne surprise par contre, le SFMoMA (le MoMA de SF, donc) était gratuit ce 1er juin. Target Family Day. Donc moi et ma famille (un ours en peluche), toujours à la recherche de trucs gratuits, on s'est régalés. Le SFMoMA, dans cette tradition américaine des musées riches et pédagogiques, arrive à nous présenter un panorama de haut standing en quelques salles seulement. Des toiles expressionnisme abstrait de Rauschenberg, les impostures fluorescentes de Dan Flavin, un urinoir de Duchamp, des Miro, Picasso, Lichtenstein et Warhol. Bon, ça recouvre pas tout, loin de là, mais on s'en contente largement. Et puis surtout, dans chaque salle, plusieurs oeuvres sont commentées par un petit laius qui donne le contexte de la réalisation de l'oeuvre, ou y rattache un discours de l'artiste à son sujet. On ne reste pas bêtement interloqué devant un tryptique blanc uniforme de Rauschenberg, et une toile composée d'un ADVERSARY en blanc sur fond noir a un peu plus d'épaisseur qu'un t-shirt à slogan de chez Lafraise. Les commissaires ne tombent pas dans la facilité flemmarde du discours qui dit qu'une oeuvre n'a pas à être expliquée et qu'il appartient à chacun de l'interpréter selon sa sensibilité.

Un seul étage consacré aux oeuvres plastiques, les étages supérieurs présentent des photos ou des films (dont quelques clichés du Paris de 1860). C'est pas très grand, ça se fait en 2 heures en lisant tout. Quelques coups de coeur, dont une toile dont j'ai oublié le nom de l'artiste, et qui m'a tout de suite fait penser à Mme M.: un talon aiguille sous un pied abîmé par la sueur, et dont l'aiguille est incrustée de diamants. Zut, ils ne vendent pas la carte postale à la boutique du musée, et j'ai rien pour noter son nom. Googlage à prévoir.

<< ici, une belle photo de cette oeuvre, trouvée sur Google >>

Zou, arrivé à Hogwarts, faut que je réussisse à prendre une photo de Gryffendor, on me croira jamais sinon.

dimanche 25 mai 2008

Richard Serra à la Monumenta 2008 - Grand Palais - *

Dans l'immense verrière du Grand Palais, quand même un chef d'œuvre de l'architecture Beaux-Arts, avec une nef qui force le respect, Richard Serra a planté 5 plaques d'acier légèrement ondulées, chacune faisant en gros 10 m de hauteur. Euh, en 2008, y'a que moi qui trouve que ça n'a rien de monumental? Alors je cite 3 passages du papier qu'on nous remet à l'entrée de l'expo:

Le caractère à la fois méditatif et impressionnant de l'œuvre suscite une rencontre forte avec le visiteur dont les sensations et émotions constituent, pour l'artiste, le véritable sujet de l'œuvre. L'artiste bouleverse le rapport du visiteur à l'espace et propose une expérience unique qui défie notre perception de l'équilibre et de la gravité.

Mais bien sûr... Des plaques d'acier de 10 m sous une nef de 45 m, 5 plaques réparties sur 240 mètres, il espère structurer quel espace au juste? Ça structure pas plus l'espace qu'une sculpture en bordure d'autoroute structure le péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines. Le visiteur est souvent parisien, il est habitué aux structurations d'espaces d'une ville qui a vu la flamboyance du style Beaux-Arts, et on lui donne 10 m d'acier... A Wisteria Lane, ça structurera sans doute assez pour bouleverser le rapport de Bree Van De Kamp à l'espace, et donner des émotions fortes à Gabrielle Solis, mais sous la nef du Grand Palais, c'est ridicule.

Les sculptures de Richard Serra atteignent souvent des dimensions impressionnantes et sont littéralement "vécues" par le visiteur qui y pénètre en y circule en modifiant de manière vertigineuse son rapport à l'espace.

Mais bien sûr... je vous raconte pas comme on y modifie de manière vertigineuse notre rapport à l'espace. On pourrait jouer à colin-maillard dans cette nef sans tomber une seule fois sur ces sculptures.

L'artiste opère une réflexion plastique qui pousse à son paroxysme la force physique et matérielle de l'œuvre.

Voilà. Si quelqu'un a compris en quoi la force physique et matérielle de l'œuvre est poussée à son paroxysme grâce à de l'acier, qu'il m'explique en quoi le moindre gratte-ciel de La Défense est moins paroxystique.

Bref, pour une expo qui s'appelle Monumenta, c'est grotesque, c'est bâclé, c'est pondu en 3 semaines par un artiste qui voulait sans doute remonter sa cote dans un marché de l'art complètement perpendiculaire à la réalité esthétique, et qui a le malheur de s'être trouvé dans un bâtiment qui pour le coup exprime très bien une dimension paroxystique de la Belle Époque. C'est une œuvre minimaliste, OK, mais pas paroxystique (ce qui est un peu incompatible...).

L'entrée est à 4 euros. Pour 1 euro de plus, vous avez des places à 5 euros pour Iphigénie en Tauride au Palais Garnier.

mardi 15 avril 2008

La Méditerranée des Phéniciens - Institut du Monde Arabe - ****


Des civilisations majeures de la Méditerranée, les Phéniciens ont toujours un côté mystérieux: on sait qu'on leur doit notre alphabet, par l'entremise des Grecs, mais on sait pas trop où ils vivaient, ce qu'ils faisaient, et à quoi ressemblait leur culture. Ce qu'il y a aussi de bien avec l'IMA, c'est que ses expositions replacent toujours leur thématique dans le contexte méditerranéen, pour témoigner inlassablement de l'union culturelle et commercante qu'il a pu y avoir eu entre les peuples de tous rivages. Histoire de rappeler que les guerres de religion/civilisation ne sont pas nécessaires, entre Chrétiens, Juifs et Musulmans. Donc là, avec les Phéniciens, on est servis.

Les Phéniciens, de ce qu'on retient de l'expo, c'était un peuple libanais: spécialisé avant tout dans l'import-export. Quelques spécialités du cru (le bois de cèdre, le pourpre), mais énormément d'emprunt à l'étranger, pour les rebrander en produit local avant de le réexporter. Ils avaient ainsi un grand savoir-faire dans l'export de statues "égyptisantes", comme aujourd'hui les Libanais seraient capables de nous fournir un fleuron de la pop british. J'aime bien ce que tu fais, tu permets que je le rachète pour le revendre? Des gens ouverts sur le monde, capable de voyager et s'installer loin de la mère patrie (Carthage, c'est quand même loin du Liban!), et qui finissent par s'entendre avec tout le monde et à filer à qui des plaques d'or et d'ivoire somptueuses, à qui de la pacotille générique avec un logo tendance genre scarabée divin. Même côté religieux, s'ils ont Astarté, Baal et d'autres, ils savaient bien les assimiler à Asclépios, Isis ou toute divinité d'ailleurs.

Ca a pas trop changé finalement. Des Libanais polyglottes, de toutes confessions, avec une immense diaspora et un talent reconnu dans l'import-export. A croire que quand on vit à Tyr, l'air du large est plus tentant qu'ailleurs (d'où l'expression "y'a rien à faire ici, j'me tyr!").

L'expo est certes un peu bondée le dimanche, mais elle est très complète, avec en particulier une grosse section consacrée à la présentation des thèmes utilisés par l'artisanat, et tout ce qu'il faut comme explications. On sort de là en une heure, avec un paquet de connaissances en plus, et c'est toujours la satisfaction ultime que je tire d'une visite au musée.

Elle se termine dans quelques jours par contre, donc je la conseille, mais dépêchez-vous.

mercredi 9 avril 2008

Marie-Antoinette - Galeries Nationales du Grand Palais - ****

La saison 2008 du Grand Palais nous propose Marie-Antoinette et La Figuration Narrative au printemps, Emil Nolte et Picasso Et Les Grands Maîtres à l'automne. Et commence donc par celle que j'attendais le plus, tant mieux.

Marie-Antoinette, non, n'a pas peint grand chose (une de ses sœurs était bien plus douée pour ça. Niiiij, c'était laquelle? Marie-Amélie?). Mais alors quelle histoire! quel destin! Avoir été élevée par Marianne Faithfull complètement mortifiée par le décès de son mari François Ier de Lorraine (c'est depuis qu'elle a cette voix si suave, Marianne, je crois). Puis mariée pour arranger les affaires royales européennes au jeune coincé Louis Auguste de France. C'est déjà pas commun.
Pas appliquée pour deux sous (super distraite, elle a vraiment fait une tache d'encre sur l'acte de mariage, on peut le vérifier lors de cette expo), elle faisait un peu sa princesse, à vouloir faire que ce qu'elle aimait. Mais c'était quand même une super affaire pour le futur Louis XVI: elle a su se donner, à travers ses lubies, un style, un goût, et franchement, je comprends que Madame Déficit ait lâché tant de louis pour certaines pièces de mobilier. Bon d'accord, le style champêtre, c'était passé de mode, déjà à l'époque, mais certaines commodes ou chaises étaient quand même très réussies. Sans même parler de la vaisselle: elle savait dans quoi manger, la petite.
Marie-Antoinette, c'était une gosse de riche qui faisait ça bien, être gosse de riche, et on peut dire qu'à travers tant de constance dans le goût et le luxe, elle avait bien la tête sur les épaules.

L'expo suit la chronologie de la vie de la Reine, de sa naissance et son éducation à Schönnbrunn, jusqu'à la guillotine. Dernière pièce saisissante de l'expo, une esquisse au crayon de la condamnée, assise sur une chaise, dessin réalisé quelques heures avant son exécution. Le parcours consacre d'ailleurs une large partie à la chute de la Reine, de l'arrestation à Varennes (légende urbaine, la famille royale n'avait pas été reconnue parce que le portrait du roi figurait sur toutes les pièces de monnaies de l'époque, mais parce que le carrosse était un peu trop richement paré). Et au final, on sort de là en ayant appris au moins autant de choses qu'avec un super combo Film de Sofia Coppola + Billet d'anthologie de Nij. D'ailleurs, je recommande le Triple Super Bargain Menu, avec Film + Billet de Nij + Nij vous accompagnant à la visite de l'expo.

Bon, il me reste encore à trouver le moyen de me faire offrir le catalogue de l'expo je crois, et j'aurai fait la totale.

Une expo à voir, clairement, au Grand Palais jusqu'au 30 juin.

lundi 24 mars 2008

Babylone - Musée du Louvre - *

Babylone, c'est pour moi la civilisation méconnue qu'on peut mieux admirer dans les musées berlinois qu'à Paris. Mais un lourdage intempestif a reporté sine die une escapade prévue à Berlin. J'étais donc pas mécontent à la base d'avoir cette expo à domicile.

Eh ben pour faire bref, c'est nul à chier, et carrément moins intéressant qu'une simple visite (moins chère) dans la section Mésopotamie du Louvre.

Nul à chier, parce qu'avec 1,5 pièce de valeurs (le code d'Hammurabi et un petit bout de la porte d'Ishtar), on a le droit de supporter tout un paquet de pièces mineures (en gros, des bijoux et des petites plaques d'argile). Berlin propose l'essentiel des restes de la porte d'Ishtar, au moins, et dans mon souvenir, c'était assez grandiose. J'espérais le retrouver là, d'où une belle déception.

Mais surtout, le commissaire de l'exposition s'est davantage amusé avec les polices de caractères qu'avec la pédagogie. Les textes sont écrits en blanc sur vert (super pour la lisibilité...), tout en majuscules (!), dans un style lourd genre Proust asthmatique, et où on ne distingue même pas les points des virgules pour comprendre que la phrase s'arrête. Affreux. Le summum du grotesque: chaque lettre A figurant dans le titre des panneaux explicatifs est "calligraphié" sans sa barre transversale, comme un lambda majuscule. Bon, si ça se trouve, le designer-calligraphe de l'expo s'est dit que ça devait donner une touche cunéiforme aux textes, je sais pas... Mais au moins, qu'on mette le corps du texte en minuscules et qu'on rédige un peu mieux!

On sort de là, on n'a pas appris grand chose sur Babylone (à part qu'il y avait différentes époques, et qu'Hammurabi et Nabuchodonor II étaient des souverains majeurs de cette civilisation, et que Babylone a beaucoup fait fantasmer depuis lors).

Très déçu, donc. Pour 9,50 euros, j'aurais pu aller voir Marie-Antoinette au Grand Palais.




Comparatif: la porte d'Ishtar au Pergamon-Museum de Berlin, ce que le Louvre nous permet de voir.